Depuis 2005, le camp militaire de la Valbonne, au sud du département de l’Ain, abrite une véritable ferme. 500 brebis pâturent en effet une vaste étendue de pelouses sèches afin de préserver la riche biodiversité du site.

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Un site exceptionnel
Occupé depuis 1872 par l’armée, le camp de la Valbonne a pendant longtemps constitué un monde à part, ce qui lui a permis d’échapper à la pression agricole et urbaine. Ces vastes espaces (1200 hectares) ainsi préservés se sont révélés d’un grand intérêt écologique : la Valbonne est la plus grande steppe herbeuse sèche de Rhône-Alpes. Elle héberge une flore originale, riche en orchidées et espèces aux affinités méridionales (liseron des monts Cantabrique, polygale grêle…) ou continentales (alysson des montagnes, scabieuse blanchâtre). La faune n’est pas en reste, notamment les oiseaux, avec de belles populations de courlis cendrés, d’engoulevents et de guêpiers d’Europe. Habitué aux sommets, le circaète Jean Leblanc y a même ses habitudes. Le caractère exceptionnel du site a justifié en 2007 l’intégration du camp au réseau européen Natura 2000.
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Un partenariat avec l’armée
En 1995, la signature d’un partenariat entre le ministère de la Défense et celui de l’Environnement a inauguré une nouvelle gestion de l’espace dans les camps militaires. A La Valbonne, une expertise écologique du site a été confiée au CREN en 1996. Par la suite, le conservatoire a engagé des travaux visant à préserver l’existant, c’est-à -dire à limiter l’embroussaillement qui menaçait de banalisation ces précieuses pelouses sèches (broyage). Depuis cette première collaboration, la coopération avec les autorités militaires s’est poursuivie et même approfondie avec une charte formalisant les relations entre les deux parties. Des initiatives similaires sur d’autres camps militaires un peu partout en France ont d’ailleurs abouti à la signature d’une convention entre la Fédération des conservatoires d’espaces naturels et le Ministère de la défense en 2009.
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Une expérience agropastorale innovante
Le projet d’une action agropastorale spécifique sur le camp a mûri peu à peu au CREN, appuyé, entre autres, par le syndicat d’éleveurs ovins. Ainsi, en 2005, l’arrivée d’un troupeau de brebis Thônes-et-Martod, une race alpine menacée d’extinction, marquait la création de la ferme de la Valbonne. Une ferme singulière car son fonctionnement est subordonné à celui du camp et donc régi par les horaires des militaires qui viennent s’exercer au tir. Autre particularité : le pâturage est conduit par Mathieu Erny et Alexandre Paule, techniciens pastoraux, de manière résolument extensive, le seul objectif étant de favoriser la biodiversité du camp. Ce qui n’empêche pas la commercialisation au coup par coup d’une viande d’agneau labellisée agriculture biologique !
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